JE SUIS l’âme : Ce qui expérimente le corps, les pensées et les émotions
Il arrive un moment, souvent après des années de recherche, de lectures, de tentatives de compréhension et parfois de lutte intérieure, où une évidence simple commence à se dessiner, non comme une révélation spectaculaire, mais comme une clarté tranquille qui s’impose d’elle-même. Ce que vous êtes ne se confond pas avec ce que vous vivez, et l’expérience, aussi intense soit-elle, n’épuise jamais celui qui l’éprouve.
Dire « JE SUIS l’âme » ne signifie pas adopter une nouvelle croyance ni revendiquer une identité supérieure, mais pointer vers un changement de point de vue subtil, presque imperceptible, à partir duquel la vie cesse d’être vécue uniquement depuis les contenus, comme le corps, les pensées, les émotions, et les histoires personnelle, mais pour être reconnue depuis ce qui les traverse et les utilise.
L’âme, dans ce sens, n’est pas une entité mystérieuse à trouver ni un concept abstrait à définir, mais une cohérence vivante, une continuité silencieuse au cœur de l’expérience, ce par quoi tout est perçu, ressenti et vécu, sans jamais être affecté dans son essence par ce qui apparaît.
Lorsque cette reconnaissance commence à se stabiliser, quelque chose se réorganise naturellement, sans effort volontaire, sans méthode à appliquer, sans discipline à suivre, car le regard se déplace de lui-même.
Le corps, d’abord, cesse d’être vécu comme un poids, un problème ou un obstacle à dépasser, pour être reconnu comme un capteur, un instrument sensible à travers lequel la vie se donne à sentir, à toucher, à goûter, à respirer, non pas comme une chose que vous possédez, mais comme un point d’ancrage indispensable à l’expérience, un relais entre l’intérieur et l’extérieur, entre la présence et le monde.
Les pensées, ensuite, perdent progressivement leur statut de vérité absolue, non parce qu’elles disparaissent, mais parce qu’elles retrouvent leur juste fonction, celle d’un langage, d’un outil de mise en forme, de compréhension et de communication, utile pour organiser l’expérience, mais incapable de définir ce que vous êtes réellement, car aucune pensée, aussi cohérente soit-elle, ne peut contenir celui qui la perçoit.
Les émotions, elles aussi, changent de place, car lorsqu’elles ne sont plus confondues avec l’identité, elles cessent d’être des ennemies à combattre ou des forces à suivre aveuglément, pour devenir ce qu’elles sont fondamentalement : des signaux, des indicateurs vivants d’un mouvement intérieur, d’un déséquilibre temporaire, d’une tension ou d’un élan, qui demandent à être écoutés plutôt qu’interprétés ou jugés.
Et l’expérience elle-même, enfin, cesse d’être vécue comme un fardeau à porter, une épreuve à réussir ou un problème à résoudre, pour redevenir un terrain, un espace d’exploration où la vie se déploie sans intention cachée, sans objectif à atteindre, sans scénario à respecter.
À ce stade, rien n’est à rejeter, car chaque élément de l’expérience a sa fonction, et rien n’est à idolâtrer, car aucun n’a vocation à devenir une nouvelle référence absolue.
Il est alors essentiel de souligner une subtilité souvent mal comprise : reconnaître JE SUIS l’âme ne signifie pas s’identifier à une nouvelle image de soi, plus spirituelle ou plus valorisante, car même cette affirmation, lorsqu’elle est prise comme une identité, devient une nouvelle construction mentale, un nouveau rôle à défendre.
Dire « je suis l’âme » n’est pas une revendication, c’est une position de regard, une manière de se situer intérieurement, depuis laquelle l’expérience est vécue sans confusion entre ce qui traverse et ce qui demeure.
Lorsque cette reconnaissance est stable, l’ego peut continuer d’exister sans diriger, la souffrance peut apparaître sans définir l’être, et la vie peut être intense sans devenir dramatique, car il n’y a plus d’urgence à contrôler, à comprendre ou à se protéger en permanence.
Ce n’est pas une fuite hors de l’humain, ni un détachement froid, ni un retrait du monde, mais au contraire une incarnation plus juste, plus simple, plus honnête, où l’expérience est pleinement vécue sans être alourdie par la nécessité constante de se prouver, de se comparer ou de se juger.
Et le signe que cette compréhension est authentique n’est ni l’exaltation, ni l’enthousiasme excessif, ni l’impression d’avoir atteint un état particulier, mais cette sensation très simple, presque ordinaire, que tout peut continuer tel quel, que la vie peut suivre son cours, avec ses hauts et ses bas, sans qu’il y ait quoi que ce soit à défendre, à prouver ou à atteindre.
Peut-être est-ce cela, au fond, le véritable sens de se souvenir : non pas revenir à un passé imaginaire, mais reconnaître, ici et maintenant, ce qui a toujours été présent, silencieusement, derrière chaque pensée, chaque émotion et chaque expérience vécue.
Et si cet article ne vous apporte rien de nouveau, mais vous permet simplement de regarder votre expérience depuis un endroit légèrement différent, alors il aura rempli sa fonction.
“Avec Amour”. — changer ma vie