Le Subconscient : Votre Servomécanisme Vers la Réussite
Il est étonnant de voir à quel point, dans le langage courant, le subconscient est souvent décrit comme une sorte de force cachée, parfois capricieuse, presque autonome, comme s’il fallait lui parler, le ménager, ou lutter contre lui pour espérer avancer, alors qu’en réalité, si l’on prend le temps de regarder plus attentivement, on découvre qu’il ne s’agit pas d’un second esprit mais d’un mécanisme précis, obéissant et extraordinairement fiable, qui ne fait que suivre les directions que vous lui donnez, exactement comme un système de guidage qui ne discute jamais l’objectif mais ajuste inlassablement la trajectoire pour l’atteindre.
C’est ce qu’avait déjà compris Maxwell Maltz lorsqu’il expliquait que l’être humain n’est pas composé de deux intelligences qui s’opposent, mais d’une conscience capable de choisir et d’un mécanisme automatique prêt à exécuter, comme si, en vous, cohabitaient le conducteur et la machine, le premier fixant la destination, la seconde mobilisant toutes ses ressources pour y parvenir, sans jugement, sans morale, sans interprétation.
Lorsque vous regardez un missile guidé, un GPS ou un pilote automatique, vous voyez exactement ce que fait votre subconscient : il corrige la trajectoire, compense les erreurs, réagit aux obstacles, et ne perd jamais de vue le point que vous avez désigné comme cible, même si ce point n’est pas toujours celui qui vous servirait davantage.
Et c’est là que tout commence réellement.
Car ce mécanisme ne se règle pas sur vos envies du moment, ni sur vos bonnes intentions prononcées du bout des lèvres, mais sur une image plus profonde, plus tenace, presque incrustée en vous : l’image que vous entretenez de vous-même.
Si cette image est étriquée, blessée ou diminuée, le mécanisme se contentera de la confirmer.
Si cette image est forte, claire, ouverte et capable, il s’organisera pour en faire une réalité observable.
Ainsi, chaque fois que vous vous surprenez à douter, à vous rabaisser ou à vous définir par vos limites, vous ne faites qu’orienter ce servomécanisme dans une direction qui vous dessert, alors qu’en changeant la vision intérieure que vous avez de vous-même, vous modifiez immédiatement la destination vers laquelle toute votre structure mentale commence à se réajuster.
Et pour cela, il ne suffit pas d’empiler des affirmations creuses, mais de construire une représentation riche, vivante et émotionnellement ancrée de la personne que vous souhaitez devenir : la voir marcher, respirer, choisir, créer, comme si cette version de vous existait déjà et qu’il ne vous restait qu’à l’incarner un peu plus chaque jour.
C’est ainsi que l’on programme ce mécanisme intérieur, en choisissant une cible précise plutôt qu’un souhait vague, en forgeant une vision détaillée plutôt qu’un désir flou, en chargeant cette vision d’une émotion authentique plutôt que d’une phrase répétée mécaniquement, et en y revenant régulièrement jusqu’à ce qu’elle devienne la nouvelle base de votre fonctionnement.
Alors, loin de l’idée d’un ennemi intérieur qui saboterait vos efforts, vous découvrez que rien en vous ne travaille jamais contre vous, la machine suit simplement les indications que vous lui avez données, parfois sans vous en rendre compte, parfois par habitude, parfois par inadvertance, et il vous suffit de changer la cible pour que tout votre système se réorganise autour de cette nouvelle direction.
Ainsi, votre subconscient n’est ni mystérieux ni imprévisible, c’est un instrument puissant, fidèle et constant, qui n’attend que la clarté de votre intention pour vous mener vers ce que vous aurez choisi.
Et peut-être qu’aujourd’hui, dans le calme qui précède toute décision importante, vous pourriez simplement vous poser cette question douce et sérieuse à la fois: Quelle destination ai-je réellement programmée ?
Parce qu’une fois la cible définie, votre mécanisme intérieur fera, imperturbablement, tout le reste.